En Bourgogne-Franche-Comté, et particulièrement en Saône-et-Loire, une dizaine de villages ont retrouvé leur dernier commerce grâce au mouvement citoyen Bouge ton CoQ. Face à la disparition progressive des épiceries de proximité, des habitants se mobilisent pour rouvrir, sous forme associative, le point de vente qui faisait vivre le cœur du village. Un troisième appel à candidatures vient d’être lancé pour accompagner de nouveaux projets dans la région.
Un modèle porté par les habitants eux-mêmes
Le principe est simple sur le papier, mais repose sur un engagement collectif fort : chaque épicerie associative prend la forme d’une association locale, au sein de laquelle les habitants donnent quelques heures de leur temps chaque mois pour tenir la boutique à tour de rôle. Les produits, choisis et achetés en circuits courts directement auprès de producteurs situés à proximité, sont revendus sans marge de distributeur. Résultat : des prix inférieurs de 15 à 30 % à ceux pratiqués ailleurs, puisque ni intermédiaire ni salarié ne viennent alourdir la facture. Une dizaine de ces épiceries ont déjà vu le jour en Bourgogne-Franche-Comté depuis le lancement du mouvement, et autant sont aujourd’hui en cours de création.
Une réponse à la disparition des commerces de village
Le constat qui a motivé cette mobilisation est frappant : selon les chiffres relayés par plusieurs médias régionaux, environ 85 % des villages français ne disposent plus d’épicerie, et près de 60 % n’ont plus aucun commerce du tout. Pour les habitants non véhiculés, en particulier les personnes âgées, cette absence de commerce de proximité pèse directement sur le quotidien : plus de pain frais, plus de dépannage du soir, plus ce lieu de passage informel qui permettait aussi de croiser ses voisins. En redonnant vie à ces points de vente, les projets soutenus par Bouge ton CoQ cherchent autant à répondre à un besoin alimentaire concret qu’à recréer un lien social qui s’était distendu.
Un accompagnement structuré pour les porteurs de projet
- Un accompagnement complet et personnalisé, réparti sur plusieurs semaines, pour aider les habitants à monter juridiquement et financièrement leur association.
- Un logiciel de gestion fourni gratuitement pour suivre les stocks, les ventes et les plannings de bénévoles.
- Un premier financement de démarrage destiné à couvrir l’aménagement du local et le premier réassort de marchandises.
Ce type de dispositif s’inscrit dans un mouvement plus large à l’échelle nationale, porté par plusieurs collectifs qui visent l’ouverture de dizaines d’épiceries participatives dans des communes de moins de 3 500 habitants. En Bourgogne-Franche-Comté, l’enjeu est aussi de consolider un maillage local d’associations de producteurs responsables capables d’alimenter durablement ces nouveaux points de vente.
Pourquoi cette dynamique séduit au-delà du seul commerce
Au-delà de l’aspect alimentaire, les élus locaux voient dans ces épiceries un outil de revitalisation qui complète les autres leviers déjà mobilisés dans les commerces de proximité : marchés de producteurs, tournées de camions-boutiques, ou encore points relais colis. Le fait que le projet soit porté par les habitants eux-mêmes, plutôt qu’imposé depuis l’extérieur, change aussi la donne : l’appropriation collective du lieu limite le risque de voir l’épicerie fermer une seconde fois faute de fréquentation.
Questions fréquentes
Qui peut lancer une épicerie associative dans son village ?
N’importe quel groupe d’habitants motivés, en général en lien avec la mairie, peut candidater auprès de mouvements comme Bouge ton CoQ pour bénéficier d’un accompagnement méthodologique et d’un financement de démarrage.
Les prix sont-ils vraiment plus intéressants qu’en grande surface ?
Oui, l’absence de marge de distributeur et de salarié permet généralement d’afficher des prix inférieurs de 15 à 30 % à ceux pratiqués dans le commerce traditionnel, tout en valorisant des produits locaux.
Ce type d’initiative existe-t-il ailleurs qu’en Bourgogne-Franche-Comté ?
Oui, plusieurs collectifs portent des projets similaires dans d’autres régions françaises, avec l’objectif commun de rouvrir des commerces de première nécessité dans des communes rurales qui en sont dépourvues.
